Texte Libre

                                 

                                                          

                                                                                                                                                                                 

 

 

 

                                                                                    

Bienvenue sur le site d'Irène Peucelle

- Présidente du CNI 59 - 

Centre National desIndépendants & Paysans du Nord

 

   

 

La politique est un combat. Un combat pour défendre les valeurs et les convictions qui nous rassemblent au CNI

  

Pour vous : Qui sommes-nous ?

 

                                              

 

 

                                                               

Vendredi 19 juin 2009

Il est important de lire cette proposition de résolution et d'en suivre par la suite les débats....


Tendant à la création d'une commission d'enquête sur la pratique du port de la burqa ou du niqab sur le territoire national est présentée par Mesdames et Messieurs

André GERIN, Yves ALBARELLO, Brigitte BAREGES, Christian BATAILLE, Patrick BEAUDOIN, Jean-Claude BEAULIEU, Jacques-Alain BENISTI, Véronique BESSE, Gabriel BIANCHERI, Jean-Marie BINETRUY, Jean-Claude BOUCHET, Gilles BOURDOULEIX, Loïc BOUVARD, Michel BOUVARD, Françoise BRANGET, Xavier BRETON, Dominique CAILLAUD, Jean-Jacques CANDELIER, Bernard CARAYON, Patrice DEBRAY, Jean-Pierre DECOOL, Jacques DESALANGRE, Nicolas DUPONT-AIGNAN, Alain FERRY, Pierre FORGUES, Jean-Louis GAGNAIRE, Sauveur GANDOLFI-SCHEIT, Jean-Paul GARRAUD, Georges GINESTA, Françoise GUEGOT, Christophe GUILLOTEAU, Michel HEINDRICH, Michel HERBILLON, Jacqueline IRIES, Denis JACQUAT, Maryse JOISSAINS-MASINI, Jean-Pierre KUCHEIDA, Patrick LABAUNE, Jacques LAMBLIN, Thierry LAZARO, Pierre LELLOUCHE, Michel LEFAIT, Maurice LEROY, Lionel LUCA, Jeanny MARC, Jean-Pierre MARCON, Thierry MARIANI, Pierre MORANGE, Jacques MYARD, Nicolas PERRUCHOT, Bérangère POLETTI, Jacques REMILLER, Bernard REYNES, Chantal ROBIN-RODRIGO, Valérie ROSSO-DEBORD, Odile SAUGUES, Dominique SOUCHET, Michel TERROT, députés

 

EXPOSÉ DES MOTIFS :

 

Mesdames, Messieurs,

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 stipule : ‘’nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi’’.

Ainsi est né le principe de laïcité constitutif de notre organisation sociale et de notre histoire collective.

La loi du 9 décembre 1905, qui sépare les églises et l’Etat, l’enracine dans nos institutions. Le libre exercice des cultes y est garanti mais la dissociation de la citoyenneté et de l’appartenance religieuse y est affirmée.

Aucune religion ne saurait imposer ses principes comme normes d’organisation de la société.

Depuis la Constitution de 1946, le principe de laïcité a acquis une valeur constitutionnelle.

L’article 1er de la Constitution de la Vème République l’a repris et précise :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.  Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Ce cadre laïque offre la possibilité et les moyens de coexister sur un même territoire à des hommes et des femmes qui ne partagent pas les mêmes convictions, plutôt que de les enfermer en une mosaïque de communautés repliées sur elles-mêmes et s’excluant mutuellement. En ce sens, la laïcité est le vecteur de l’intégration de tous dans la société.

Elle crée l’équilibre entre la reconnaissance du droit à une identité propre, le respect des convictions individuelles et le lien social. En articulant unité nationale, neutralité de la République et reconnaissance de la diversité, la laïcité fonde, au-delà les communautés traditionnelles de chacun, une communauté de destin appuyé sur des valeurs communes, une volonté et un désir de vivre ensemble. Cela implique de la République et des citoyens des droits et des devoirs.

Quand la laïcité est menacée, la société française l’est dans son unité, dans sa capacité à offrir un destin commun.

Au fil de l’histoire, des lois ont marqué l’affirmation juridique du principe de laïcité. Certaines ont été nécessaires quand il s’est trouvé en danger.

Il nous faut, en la matière, faire preuve de lucidité.

Il en a ainsi été de la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 interdisant le port désignes ou tenues pour lesquels des élèves manifestaient ostensiblement leur  appartenance religieuse au sein d’un établissement scolaire.

Elle s’inscrivait dans le prolongement du rapport et des recommandations de la commission de réflexion, dite ‘’Commission Stasi’’ sur l’application de principe de laïcité, remis au Président de la République, Jacques Chirac, le 11 décembre 2003.

Nous sommes aujourd’hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête dans de véritables prisons ambulantes ou du niqab qui ne laisse apparaître que les yeux. Si le foulard islamique constituait un signe distinctif d’appartenance à une religion, nous sommes là au stade extrême de cette pratique.

Il ne s’agit plus seulement d’une manifestation religieuse ostentatoire mais d’une atteinte à la dignité de la femme et à l’affirmation de la féminité.

Vêtue de la burqa ou du niqab, elle est en situation de réclusion, d’exclusion et d’humiliation insupportable. Son existence même est niée.

La vision de ces femmes emprisonnées nous est déjà intolérable lorsqu'elle nous vient d’Iran, d’Afghanistan, d’Arabie Saoudite ou de certains autres pays arabes. Elle est totalement inacceptable sur le sol de la République française. Nous savons, en outre, qu’à cette tenue vestimentaire dégradante s’ajoute une soumission à son époux, aux hommes de sa famille, une négation de sa citoyenneté. Il faut se rappeler les professions de foi de l’imam Bouziane, en avril 2004, en faveur des châtiments corporels pour les épouses adultères, sur fond de diatribe idéo anti-occident, d’un racisme anti-blanc, anti-France.

Le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 27 juin 2008, a eu à statuer sur le cas d’une personne de nationalité étrangère, à qui le gouvernement avait opposé son refus d’acquisition de la nationalité française par mariage (articles 21-2 et 21-4 au Code civil). Il a considéré que l’intéressée avait adopté "au nom d’une pratique radicale de sa religion ; un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et notamment avec le principe d’égalité des sexes ».

Le Conseil d’Etat a conclu que la requérante ne remplissait pas la condition d’assimilation posée par le Code civil.

La commissaire du gouvernement avait, en effet, relevé qu’elle portait le voile islamique intégral et vivait recluse soumise totalement aux volontés des hommes de sa famille.

Par ailleurs, la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a eu à se prononcer sur le cas d’une autre femme musulmane revêtue de la burqa lors d’une formation linguistique dispensée par l’agence nationale d’accueil des étrangers et des migrations (ANAEM) dans le cadre d’un contrat d’accueil et d’intégration.

Le directeur de l’ANAEM a interrogé la HALDE sur le point de savoir si l’obligation faite aux personnes suivant cette formation de retirer la burqa ou le niqab était conforme aux exigences des articles 9 et 14 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Par une délibération du 15 septembre 2008, la HALDE a décidé qu’une telle obligation était conforme à la dite convention.

Elle aboutit ainsi aux conclusions suivantes :

- la burqa comporte une signification de soumission de la femme qui dépasse sa portée religieuse    et pourrait être considérée comme ‘’portant atteinte aux valeurs républicaines présidant à la démarche d’intégration et d’organisation de ces enseignements, obligatoires pour les étrangers admis pour la première fois en France,

- l’obligation de retirer le niqab ou la burqa pourrait être justifiée par des buts légitimes qui sont les exigences de la sécurité publique, d’identification des personnes ou encore la protection des droits et liberté d’autrui.

Ces jurisprudences sont utiles mais ne sauraient suffire à faire face à ces pratiques que nous ne pouvons tolérer en France.

C’est pourquoi il est proposé que l’Assemblée nationale se saisisse de ce dossier et que soit créée une commission d’enquête.

Elle s’inscrira dans la poursuite du travail de la ‘’Commission Stasi’’, qui, déjà en 2003, relevait les menaces qui pesaient sur les libertés individuelles et la grave régression de la situation des jeunes femmes.

Celle-ci aura pour mission de dresser un état des lieux et de définir des préconisations afin de mettre un terme à cette dérive communautariste contraire à nos principes de laïcité, à nos valeurs de liberté, d’égalité, de dignité humaine.

Sous le bénéfice de ces observations, Mesdames, Messieurs, il vous est demandé de bien vouloir adopter l’article unique de cette proposition de résolution.

 

Proposition de résolution

Article unique

Il est créé une commission d’enquête parlementaire de trente membres afin de dresser un état des lieux de la pratique du port de la burqa ou du niqab par certaines femmes musulmanes, de mieux comprendre le phénomène et de définir des propositions afin de lutter contre ces méthodes qui constituent une atteinte aux libertés individuelles sur le territoire national.

 

Elle doit rendre son rapport le 30 novembre au plus tard.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 16 juin 2009

Je vous invite à lire et à méditer ce qui suit ce courrier est rédigé par Madame Marie Laure DUFRÊCHE - Déléguée Générale de Sauvegarde Retraites...

Exclusif : La CFDT-RATP demande plus "d'équité" entre les régimes de retraite

Le syndicat CFDT implore le ministre du Budget de traiter les pensionnés de la RATP comme les autres… Chiche !

Cette année, au 1er avril, les retraites servies par le régime général des salariés du privé (Cnav) ont été revalorisées de 1 % (0,4 % + 0,6 %) :

  • 0,4 % au titre des prévisions d'inflation pour 2009 ;
  • 0,6 % au titre du rattrapage 2008 (les prévisions de l'an passé ayant sous estimé l'inflation réelle).

 

En revanche, à la même date, les retraites des anciens agents de la RATP n'ont été revalorisées que de 0,4 %.

Pourquoi cette différence ? Simplement parce qu'avant l'entrée en vigueur de la fameuse "réforme" des régimes spéciaux, la revalorisation des pensions, à la RATP, était réalisée non pas en fonction de l'évolution des prix mais en fonction de l'évolution des rémunérations des agents. Il n'y avait donc pas lieu d'appliquer le rattrapage d'inflation de l'année 2008 au régime de la RATP, dans la mesure où ce mode de revalorisation des pensions n'était pas encore en vigueur dans le régime en question.

Pour autant, la CFDT-RATP qui, a l'instar des autres syndicats de la régie, ne manque pas une occasion de multiplier les revendications, ne l'entend pas de cette oreille. Dans une lettre poignante adressée au ministre du Budget, Eric Woerth, elle réclame "la totalité du 1 % d'augmentation" et ce, "pour des raisons d'équité".

Les agents de la RATP bénéficient encore aujourd'hui d'un régime spécial hyper avantageux et la CFDT voudrait nous faire croire que les agents de la régie sont les parents pauvres du système de retraite français. Autant dire que l'aplomb des syndicats qui sévissent dans les entreprises publiques est sans limite.

Dans ce contexte, nous n'avons qu'une doléance à adresser au ministre du Budget : "la CFDT-RATP veut l'équité, donnez lui l'équité mais toute l'équité...". Autrement dit, si les retraités de la RATP veulent être logés à la même enseigne que ceux du régime général, pas de problème. Cela implique simplement :

  • la fin du treizième mois de pension, privilège exclusif des retraités de la RATP ;
  • la fin du calcul avantageux de la pension à partir des rémunérations de fin de carrière (six derniers mois d'activité) ;
  • la fin de la retraite à 50 ans ou à 55 ans ;
  • la fin de la distribution de bonifications d'annuités ou de trimestres gratuits ;
  • la fin des départs anticipés à la retraite pour les parents de trois enfants ;
  • l'instauration d'une condition de ressources drastique et d'une condition d'âge pour percevoir une pension de réversion, etc.

 

En somme, cela implique une vraie réforme et non pas une mascarade comme celle qui a eu lieu au début de l'année 2008 et qui a été présentée aux Français comme la "grande réforme des régimes spéciaux".
Monsieur le ministre, saisissez la main qui vous est tendue par la CFDT-RATP, c'est une opportunité inespérée ! L'application du principe d'équité permettra au ministère du Budget – et donc au contribuable – de faire de sacrées économies.

Rappel : le régime spécial de la RATP est incapable de financer lui-même la moitié des prestations retraite qu'il accorde à ses affiliés (910 millions d'euros) et, cette année, 475 millions d'euros de subventions lui seront nécessaires pour éviter la faillite.

Bien cordialement,

 

 

Marie-Laure Dufrêche



Déléguée Générale




Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 30 mai 2009
Stéphane Buffetaux est Président de l'Observatoire du développement durable, Secrétaire nationale du CNI pour les affaires européennes.
Le texte est assez long, mais il est nécessaire de développer afin d'essayer de bien COMPRENDRE L'EUROPE...


Le 11 novembre 1918 à 11 heures, retentissait sur tout le front ouest le clairon de l’armistice. Après une déferlante de joie chez les vainqueurs vînt l’heure du bilan. Effroyable bilan : 21 millions de morts dont 1,5 millions de Français, 2 millions d’Allemands, 700 mille britanniques auxquels il convient d’ajouter les morts de l’Empire et notamment plus de 100 mille Australiens, 1,5 millions d’Austrohongrois,

700 mille Italiens, 4,9 millions de Russes…


Des sociétés bouleversées, des Empires effondrés, l’Europe centrale et l’Asie mineure découpées pour leur malheur, des haines et des rancoeurs accumulées, la Russie s’enfonçant dans le totalitarisme sanglant du marxisme-léninisme.


Le Maréchal Lyautey apprenant la déclaration de guerre s’était exclamé « c’est le suicide collectif de l’Europe ». De fait celle-ci, saignée à blanc, épuisée, meurtrie, laisse échapper de ses mains la direction des affaires du monde au profit de la jeune nation américaine. Paul Valéry, désabusé, soupire « nous savons maintenant que les civilisations sont mortelles ». N’importe quel archéologue aurait pu faire ce constat mais la vieille Europe, grisée de progrès matériel et scientifique, fière de sa culture, avait finie par se croire, elle, immortelle.


Au sortir de ce premier désastre, monstruosité qui allait vomir deux autres monstruosités : le triomphe du marxisme – léninisme en Russie, puis du national socialisme en Allemagne, quelques hommes dont l’Histoire retiendra les noms, réfléchissent sur l’avenir du continent dévasté.
Certains sont jeunes, d’autres déjà mûrs. Ils ont pour noms Spaak (19 ans), de Gaulle (28 ans), Monnet (30 ans), Schuman (32 an), Gasperi (37 ans), Adenauer (42 ans), Churchill (44ans).
De ce dernier, on dit qu’il est un homme politique fini. De Gaulle est un jeune officier blessé trois fois et fait prisonnier, inconnu et qui estime avoir gâché sa guerre. Schuman, redevenu français, était né Allemand car Mosellan et réfléchissait à une vocation religieuse. Gasperi a combattu les Austro Hongrois tandis que Monnet organisait l’aide des Etats-Unis aux alliés. Adenauer est ancien combattant et le

 

 

er, le Roi-soldat qui défendait une petite partie de son royaume ayant échappé à la voracité allemande.jeune Spaak avait tenté, en vain, le rejoindre Albert 1La politique est fille de l’Histoire et de la géographie. L’Union européenne telle qu’elle est, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, pour le meilleur et pour le pire, ne peut-être bien comprise que si l’on replace la situation contemporaine dans une perspective historique.


A peine les canons réduits au silence, un économiste et un historien

 

prophétisent l’embrassement à venir : Lord Keynes et Jacques Bainville. L’un écrit les conséquences économiques de la paix, l’autre les conséquences politiques de la paix.


Approches différentes mais conclusions voisines. Des mauvais traités bâclés, humiliants pour les vaincus, du découpage des Empires en petits Etats faibles, mais désignés aux Etats prédateurs que seront l’Union soviétique ou l’Allemagne nazie, de la constitution d’Etats sans unité ni de culture, ni d’histoire, comme la Yougoslavie ou la Tchécoslovaquie, ne pourra sortir qu’une nouvelle tragédie.


Et celle-ci devient inéluctable, préparée par l’incurie des démocraties, la rancoeur et le désespoir des vaincus, la crise économique, la violence des combats idéologiques qui mènent les nations à la guerre civile ou au bord de la guerre civile, l’émergence des totalitarismes ou des dictatures à l’est, au centre ou au sud de l’Europe.


Tout est consommé le 2 septembre 1939. Six ans plus tard, après la reddition de l’Allemagne, puis du Japon, le monde déplore 55 millions de morts et 35 millions de disparus.

Entre 20 et 30 millions de civils ont été les victimes du conflit parmi lesquels six millions de juifs exterminés dans les campsavec l’élite de la nation polonaise massacrée à Katin ou déportée dans les camps comme les professeurs de l’université Jagellon.


L’Europe ressort du conflit exsangue et coupée en deux par le rideau de fer. La moitié de l’Europe bascule dans la terreur et l’oppression communistes.
Dès 1946, Winston Churchill a constaté « from Stettin in the Baltic to Trieste in the Adriatic an iron curtain has descended accross the continent ». Il s’interrogera même sur le fait de savoir « si l’on avait saigné le bon cochon ».


En effet, à Yalta, on a fixé le prix fort pour l’Europe de l’Est. Celle-ci s’évanouit presque de la mémoire des nations de l’Ouest de l’Europe. Seul de Gaulle évoque l’Europe de l’Atlantique à l’Oural et prophétise que « la Russie boira le communisme comme le buvard boit l’encre ». L’Eglise non plus n’a pas oublié l’Europe du silence. Staline ricane « le Pape combien de divisions ? » Jean-Paul II lui donnera la réponse.


Pour l’heure l’Europe occidentale a acheté sa liberté et sa prospérité au prix de l’asservissement et de la misère de l’Europe centrale et orientale qu’elle va effacer de sa mémoire durant quarante années.

L’Ouest du continent se reconstruit mais les hommes politiques du temps ne croient plus guère à la paix perpétuelle qui s’établirait d’elle-même. La plupart d’entre eux ont connu les deux guerres mondiales et notamment ceux que l’on appellera les pères fondateurs de l’Europe : Schuman, Adenauer, Gasperi, Spaak, Monnet.
Ils ne veulent à aucun prix risquer un nouveau conflit. Grâce au plan Marshall, l’Europe de l’Ouest se reconstruit vite mais l’Allemagne se relève plus rapidement que la France, embourbée dans l’impuissance politique et les guerres coloniales.


L’idée nait alors de créer un lien fort entre les deux nations afin de forger un destin commun.

Le 9 mai 1950, jour qui sera retenu chaque année pour être la fête de l’Europe, Robert Schuman prononce un discours, auquel le chancelier Adenauer a donné par avance son accord, dans lequel il décrit les lignes directrices d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) qui constituera « les premières bases concrètes d’une fédération européenne ».


Le Royaume-Uni est hostile à cette initiative qui aboutira néanmoins à la signature du traité CECA le 18 avril 1951 à Paris.

Dans la classe politique française se crée une césure entre les démocrates chrétiens, à l’origine du projet, le Centre national des indépendants et des paysans et les socialistes de la SFIO d’une part et les gaullistes et les communistes hostiles au projet européen pour des raisons différentes mais dont l’alliance circonstancielle fera échouer le projet de communauté européenne de défense en 1954.

Afin de relancer le processus européen les représentants des gouvernements de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Benelux et du Royaume-Uni se réunissent à Messine en juin 1955 pour discuter des prémices de la Communauté économique européenne et d’Euratom. Au deuxième jour des négociations, la délégation britannique claque la porte et quitte Messine en déclarant qu’elle a assez fait perdre d’argent aux contribuables britanniques.

 

Les négociations s’ouvrent néanmoins en 1956 mais s’étirent en longueur quand deux évènements extérieurs viennent sortir les négociateurs de leur léthargie : l’écrasement sanglant de la tentative de libération du peuple hongrois, sur ordre de Khrouchtchev et avec les forces du pacte de Varsovie, l’échec de l’expédition Franco Anglaise sur le canal de Suez, qui avait été un succès militaire et se conclura en fiasco diplomatique, les américains refusant de soutenir leurs alliés européens.

Les dirigeants des pays de l’Europe de l’Ouest réalisent alors que l’allié américain ne les soutiendra pas dans leur volonté de maintenir leur puissance impériale, brisant en l’occurrence la conception diplomatique traditionnelle d’alliance qui impliquait un soutien total des alliés les uns envers les autres. Ils prennent aussi conscience du fait que les chars soviétiques sont à quelques heures des frontières et que les régimes communistes de l’Est de l’Europe n’hésitent pas à faire usage de la violence, même Staline mort.


Dès lors si les empires coloniaux sont condamnés, si l’émancipation des peuples d’Asie et d’Afrique inéluctable et si la menace soviétique est toujours présente, il convient d’organiser au plus vite l’Europe de l’Ouest dans une communauté d’abord économique puis éventuellement politique, pour faire face à l’évolution du monde.


L’Europe qui avait été mondiale redevient européenne. Le 25 mars 1957 est signé à Rome entre l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas les traités fondant la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom ou CEEA).


L’équilibre institutionnel européen est dessiné : un Conseil des ministres représentant les gouvernements, une Commission européennes ayant la charge de faire respecter les traités et possédant le monopole de l’initiative législative, une assemblée parlementaire européenne purement consultative et qui ne sera élue au suffrage universel direct qu’en 1979, une Cour de justice des communautés européennes qui jouera un rôle déterminant pour asseoir le corpus juridique européen et un comité économique et social européen.
Les institutions européennes fonctionneront sur ceschéma jusqu’en 1992, date du traité de Maastricht qui créera le Comité des régions et dotera le Parlement européen d’un pouvoir législatif de codécision.


De 1958, année d’entrée en vigueur des traités de Rome à 1972 les Communautés européennesfonctionneront avec les six Etats fondateurs.


En 1972 le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni adhérent aux Communautés européennes. C’est le coup d’envoi des élargissements successifs.

En 1981 la Grèce rejoint les 9. En 1986 c’est au tour de l’Espagne et du Portugal. En 1995 l’Autriche, la Finlande et la Suède rejoignent l’Europe des 12.

Conséquence de l’effondrement du bloc communiste, se produit en 2004 un élargissement considérable. L’Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Pologne, la Hongrie, la Tchéquie, la Slovaquie, la Slovénie, Chypre et Malte adhèrent à l’union européenne.


En 2007 c’est au tour de la Bulgarie et de la Roumanie. Aujourd’hui la Croatie et la Turquie sont candidates à l’adhésion, ainsi que la Macédoine et le Monténégro.

Durant cette longue période les traités ont aussi évolué, souvent dans la difficulté et pas toujours au rythme des évolutions géopolitiques.


L’Acte unique est signé en 1987 et reçoit un accueil favorable très large, y compris de Philippe de Villiers alors que ce traité qui jette les fondements du grand marché unique contient en germe le traité d’Union monétaire plus connu sous le nom de traité de Maastricht, qui est voté de justesse en France en 1992. Il est suivi du traité d’Amsterdam en 1997 et de Nice en 2000, qui est encore en vigueur aujourd’hui et régit le fonctionnement de l’Union européenne dans l’attente d’une éventuelle

ratification du traité de Lisbonne, rejeté par l’Irlande.
Le projet de traité portant constitution pour l’Europe avait, quant à lui, été rejeté par 54,68 % de non en France et 61 % de non au Pays-Bas en 2005, signe du divorce survenu entre les peuples et l’Union européenne.


Tous ces traités ont des caractéristiques communes importantes :

 

·

 

Ils accroissent les pouvoirs de codécision législative du parlement européen,

·

 

Ils sont marqués par une vision économique libérale très favorable à un libre    échange généralisé et au jeu de la concurrence,

·

 

Ils tentent d’organiser le mode de fonctionnement des institutions pour les adapter aux élargissements successifs, et à de nouveaux domaines de compétences, notamment enmatière de justice et d’affaires intérieures,

·

 

Ils affirment les principes de subsidiarité et de proportionnalité dans les traités européens.


Mais à l’évidence ces textes, fruits de négociations longues et difficiles sont tiraillés entre des logiques contradictoires : accroissement du contrôle de la subsidiarité et de la proportionnalité mais en même temps par élargissement des compétences de l’Union européenne, volonté d’assurer une visibilité politique de l’Union européenne par une présidence stable du Conseil européen, ce qui renforce l’Europe des gouvernements, mais volonté de transformer la Commission en pseudo gouvernement européen soumis à l’investiture du Parlement.

Les logiques divergentes ne font qu’accroître la confusion et le manque de clarté qui caractérisent le fonctionnement des institutions marqué par une lutte stérile entre la Commission, le Parlement qui seraient par essence des institutions européennes sincères, et le Conseil, institution européenne pourtant capitale, qui serait par définition douteux quant à sa volonté de renforcer l’Union européenne car supposé être l’expression des « égoïsmes nationaux », alors que les intérêts nationaux peuvent être parfaitement légitimes.


Cette posture idéologique est contraire en fait à l’efficacité de l’Union européenne. Si chacun s’accorde à reconnaître que la présidence française de l’Union européenne fut réussie c’est parce qu’elle a été menée par une présidence forte s’appuyant sur le Conseil européen, c'est-à-dire les chefs d’Etat et de gouvernements disposant des moyens de l’action tant sur le plan diplomatique, que financier ou économique. Toute réflexion sérieuse sur le fonctionnement des institutions européennes doit d’abord

faire table rase de la guerre institutionnelle qui signifie perte de temps, d’énergie et d’efficacité.


Viennent ensuite une série de questions essentielles :

·

 

Quel avenir prévisible pour le traité de Lisbonne, et quels sont les éléments positifs et négatifs du traité ?

·

 

Quel mode souhaitable de gouvernement pour l’Union européenne ?

·

 

Quelles limites géographiques pour l’Union européenne ?

·

 

Quelle inspiration et quel élan donner à l’Union européenne ?

·

 

Préférence communautaire ou libre échange absolu ?

·

 

Union européenne protectrice ou Union européenne offerte ?


La signature et la ratification de chaque nouveau traité européen donne lieu à une dramatisation excessive. La non ratification est présentée comme le cataclysme absolu, pourtant le traité qu’il s’agit de remplacer a été, en son temps, présenté comme exceptionnel. Le traité de Nice en est une illustration criante. Présenté comme un succès lors de sa signature, il est aujourd’hui dénoncé comme

le plus mauvais des traités européens !


Qu’en est-il du traité de Lisbonne ?

Son avenir est suspendu au vote irlandais. Un succès de la liste Libertas en Irlande fera hésiter le gouvernement irlandais à soumettre de nouveau le traité de Lisbonne à référendum. Il faudra donc le modifier et non se contenter de quelques retouches cosmétiques.


Que penser du traité ?

Contrairement à ce qui est souvent dit, ce texte n’est pas la simple copie conforme du projet de constitution européenne.

- Premier point, il ne s’agit pas d’une constitution, ce qui n’est pas neutre sur un plan juridique etpolitique.

- Deuxième point à souligner, ce texte ne vise pas à consolider tous les traités précédents, ce que

 

prétendait faire le projet de traité constitutionnel, ce qui conduisait à donner valeur constitutionnelle aux règles de la concurrence, du marché intérieur, des transports etc… Situation évidemment absurde

et hérésie juridique qui a beaucoup nui au projet de traité constitutionnel.

- Troisième point, la suprématie du droit européen sur tous les droits nationaux n’est plus affirmée dans le corps même du traité. Seule une annexe rappelle qu’une jurisprudence constante de la Cour de justice consacre cette suprématie, mais une jurisprudence peut toujours s’inverser.

- Quatrième point, la charte des droits fondamentaux, qui inquiète certains Etats membres sur le plan de droit de la famille, ne fait plus partie intégrante du traité mais est une simple annexe dont les Etats peuvent décider qu’elle a valeur contraignante ou pas. La Pologne a déjà précisé qu’elle ne reconnaissait aucune autorité juridique à ce texte.

- Cinquième point, même s’il s’agit plus de sémantique que d’un changement profond, le titre de ministre des affaires étrangères de l’Union européenne n’est pas repris. Demeure seulement un Haut représentant.

- Sixième point, tous les symboles qui pourraient se rattacher à l’idée d’un Etat européen ont été supprimés. Drapeau, devise, hymne ne figurent plus dans le texte du traité.


Quels sont les points positifs du traité ?


A l’évidence l’instauration d’une présidence durable du Conseil européen qui remettra du contrôle politique dans le fonctionnement de l’Union européenne, même si cette innovation risque de créer une lutte de pouvoir avec la présidence de la Commission.

- Deuxième élément important, l’instauration du vote à double majorité qualifiée permettra d’accélérer les prises de décisions techniques. Pour les sujets où les intérêts fondamentaux des Etats sont en jeu, la discussion aura lieu avant le vote et en pratique, c’est la règle de l’unanimité qui sera toujours officieusement en vigueur.

- Troisième point très favorable, l’accroissement du contrôle de la subsidiarité par les parlements nationaux.

La principale faiblesse du texte réside d’une part dans le fait qu’il confirme l’abandon de l’idée de la préférence communautaire, d’autre part qu’il s’agit d’un texte de compromis qui obéit à des logiques différentes selon les cas.

La présidence stable et l’accroissement du contrôle de la subsidiarité renforce l’idée d’une Europe des Etats nationaux. L’annonce d’une procédure d’investiture de la Commission va dans le sens d’une Europe fédérale. L’esprit général du texte peut donc être interprété selon des logiques divergentes.

La question sans cesse débattue demeure celle du mode de gouvernement de l’Union européenne. Il n’est pas sûr que cette question soit celle qui passionne le plus les citoyens, mais elle est pourtant essentielle.

Le vrai défi est d’instaurer un mode de fonctionnement d’une Union européenne, par nature lointaine, qui soit réellement contrôlé par les responsables politiques, eux-mêmes agissant sous le contrôle et le regard des peuples.

La présidence française se déroulant au moment d’une crise internationale (la Géorgie) puis du démarrage de la crise financière a prouvé que la faculté de réagir avec efficacité résidait dans le Conseil, car seuls les Etats disposent des moyens diplomatiques, financiers et économiques qui permettent d’agir.

Certains se sont plaints de fait que l’Europe ait été absente durant les événements ! Mais elle a, au contraire, été très présente au travers du Conseil montrant ainsi qu’après le temps de la Cour de justice, après le temps de la Commission, venait peut-être le temps de l’Europe efficace avec le Conseil européen.

L’Union européenne doit certes être visible politiquement mais également définie dans ses limites 

 

géographiques et culturelles. Ceci soulève évidemment la question des élargissements successifs. Il est habituel de dire que ceux-ci ont été trop rapides. Oui et non. Notre devoir historique et politique était d’accueillir le plus vite possible les nations d’Europe de l’Est et de les associer aux décisions d’ordre politique.

Pour l’aspect économique sans doute est-on allé trop vite pour certains nouveaux

Etats membres, mais d’ores et déjà le niveau de vie en République Tchèque est devenu supérieur àcelui du Portugal !


Pour les élargissements à venir, il est évident que ceux-ci doivent être préparé à long terme et êtrecirconscrits à l’Europe géographique et culturelle.

Intégrer la Turquie porterait les limites de l’Union européenne en Asie mineure et nous donnerait des frontières communes avec l’Iran, l’Irak et la Syrie. Ce seul constat démontre l’absurdité de la démarche d’adhésion de la Turquie où le Kémalisme devient de plus en plus un lointain souvenir. De surcroît accueillir un pays qui refuse de reconnaître un des Etats membres, Chypre, qui occupe illégalement une partie de son territoire et pratique le négationnisme d’Etat serait pour le moins surprenant. Il convient donc d’être clair et de respecter le peuple turc en lui disant que l’avenir de la

Turquie avec l’Union européenne réside dans un partenariat privilégié et non dans l’adhésion.


Mais la définition des limites géographiques de l’Europe ne suffit pas. Il faut lui redonner un nouveau souffle. Héritière de la philosophie grecque, du droit romain, de la spiritualité chrétienne et de l’esprit des lumières, l’Europe a développé une civilisation fondée sur l’autonomie de la personne et une liberté fondée sur la notion de responsabilité personnelle.

Ces principes doivent être réaffirmés face à tous les systèmes massifiant qui ruinent la dignité de la personne.
Mais cette dignité même n’est pas assurée dans le dénuement, la pauvreté et l’exploitation.

C’est pourquoi notre continent a développé l’idée et la pratique d’une économie sociale de marché qu’il faut maintenir tout en l’adaptant.

L’Union européenne doit présenter au monde un idéal de paix, de liberté responsable, de réalisation humaine fondée sur les notions de devoirs réciproques et de secours au plus faible.
Mais elle ne peut y parvenir sans assurer et assumer un rôle protecteur. Au coeur de la mondialisation l’Unioneuropéenne peut et doit faire jouer la notion de préférence communautaire et de réciprocité dans leséchanges. La mondialisation est tout sauf le règne de la naïveté. Les échanges internationaux demandent à être régulés tout comme la finance.

Une Europe qui se désindustrialiserait totalement tomberait dans un inéluctable déclin. Les servicesne vivent que grâce au support des secteurs primaire et secondaire.

A quoi sert-il de produire toujours moins cher en dehors de l’Europe en transformant des ouvriers et des employés en chômeurs qui ne pourront même plus consommer les produits à bas prix mis sur le marché ?

Quelle est la logique qui amène à subventionner des exportations agricoles qui déstabilisent et appauvrissent les pays du Tiers monde et poussent ainsi leurs habitants à émigrer vers l’Europe ?

L’Union européenne si lointaine, si ignorée, si décriée peut redevenir un projet enthousiasmant et une raison de fierté si elle sait faire rayonner ses valeurs, rassurer ses peuples, affirmer sa civilisation et protéger son économie.


En fin de compte, le projet européen est d’abord un projet de civilisation. Après tant de siècles de guerres et de divisions, après un vingtième siècle qui fut un siècle de fer et de feu, l’union des peuples d’Europe ne sera possible que si elle repose sur des fondations philosophiques et spirituelles fortes.
On ne meurt pas pour un grand marché unique ou des règles de concurrence ! Mais l’homme est prêt à se sacrifier pour une conception de la société et de la civilisation qui ose affirmer qu’il existe en l’Homme quelque chose qui dépasse infiniment l’Homme et qui lui confère son inaliénable dignité.

Une construction de l’Europe oublieuse de cette vérité ne pourra que tourner à la confusion et au chaos.
La première urgence n’est ni institutionnelle, ni économique. Elle réside de retrouver le sens, de retrouver du sens, au projet de civilisation européen.

 

 

 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Texte libre

  Le C N I  est ancré depuis près de soixante ans dans notre histoire

Depuis lors, il a su, contre vents et marées, garder sa structure et son   fonctionnnement propre de parti politique Indépendant.

Indépendants dans le respect des autres parce que la réussite collective ne peut être que le produit des réussites individuelles.

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

W3C

  • Flux RSS des articles

Présentation

Catégories

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus